Formation au taoïsme

La fondation Suisse Mingshan ouvre
dès la rentrée de septembre 2019
un nouveau cursus d’études taoïstes

L’objectif est de contribuer à former les pratiquants (taijiquan, médecine chinoise, divination, méditation, fengshui…) et les personnes intéressées par la culture ou la spiritualité taoïste.

Logo Cursus taoïste Mingshan

Cette formation en français de trois ans (4 modules de 5 jours par an) se tient dans des locaux tout neufs, au cœur des belles montagnes du canton de Vaud (près de Lausanne).

Au côté de la pratique, la formation théorique est assurée par une équipe d’universitaires, notamment historiens et anthropologues, spécialistes du taoïsme et des savoirs techniques qui y sont liés.

L’équipe enseignante :

  • Catherine Despeux
  • Vincent Goossaert
  • Meng Zhiling
  • David Palmer
  • Fabrizio Pregadio
  • Georges Favraud
  • Adeline Herrou
  • Diego Gavelli
  • Fabrice Jordan

Pour en savoir plus…

MingShan

 

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Ateliers bâton du Taiji

Ce printemps 2019, nous avons commencé à explorer les techniques et les plaisirs du bâton au Bois de Limayrac.

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Avec le printemps, dit le calendrier chinois, voilà l’influence du mouvement du bois qui spirale pour se faire branches, feuilles et bourgeons… L’occasion de tailler quelques bâtons et de tester les essences. Julien nous a collecté en forêt quelques jeunes troncs de frênes et de noisetiers, un spécial de Cornouiller pour Violette qui a impulsé la dynamique, à quoi s’ajoutent les deux bambous que Jean-Jacques Sagot m’avait sympathiquement donnés en Périgord (voir la page) et les trois bâtons en rotin lissé de Gautier.

Tous ces bâtons sont de tailles, de poids et de morphologies différentes. Testons les formes de la nature et la solidité des essences sur le long terme… En attendant, un atelier « taille » s’est déroulé chez Julien.

Julien taille 1

Quelques petits tests ont tout d’abord été conduits dans la froidure et la bonne humeur…

Nous avons essentiellement travaillé la prise en main du bâton et des manipulations de base, dans le but de développer l’agilité, de prendre conscience de la continuité du corps dans le bâton et de la gestion de ses deux extrémités, et le repérage dans l’espace. Nous avons établis plusieurs liens avec les pratiques à mains nues, les techniques de pas et travaillé plusieurs formes d’attaque d’estoc et de taille, ainsi que des parades. Des exercices en duo nous ont permis de travailler la synchronisation, le contact et de ressentir de petits chocs des bâtons.

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Le travail au bâton va continuer d’ici l’été !

 


Photos : Merci à Elodie !

 

 

 

Vannerie Sauvage à Limayrac

Cet atelier s’inscrit dans le cycle des Zateliers Zécolos animés par Julien Savonet ~ Eco-interprète. Ce sont des rendez-vous nature qui ont lieu le plus souvent au Bois de Limayrac. Leur objectif est de renforcer le lien des participants avec leur environnement proche. Ils visent à faire découvrir des plantes, arbres, fleurs et arbustes du parc.

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Connaître une plante en la nommant est déjà un premier pas pour la fait exister. Mais, pour tisser un lien plus intime avec la nature, rien de mieux que de manipuler, goûter, écouter, sentir, plier… Bref, ressentir la nature et s’y replacer comme acteur.

Les humains tirent leurs ressources de la nature pour produire et consommer. Il s’agit d’apprendre à l’assumer afin de se positionner de manière équilibrée. Le productivisme effréné et la facilité de transporter des produits de la terre nous le font oublier.

Si notre environnement proche devient une ressource du quotidien (bois, fruits, sirops, tisanes, alimentation, rêverie, jouets, poésie…), nous nous appliquerons à le préserver pour ne pas épuiser les ressources avec lesquelles nous interagissons et dont nous dépendons. Peut-être faut-il partir de cette échelle locale pour appréhender le besoin de les préserver ?

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L’atelier Vannerie sauvage a été l’occasion d’explorer les jeunes bosquets du Bois pour y découvrir le Cornouiller. Cet arbuste est très commun. Il est utilisé en vannerie traditionnelle : son bois de l’année (moins d’un an) est souple et autorise le tressage. De plus, ses jeunes rameaux prennent une couleur rouge lorsqu’ils grandissent au soleil. Le Cornouiller joue aussi un grand rôle dans l’alimentation des oiseaux.

La vannerie est intéressante pour la connaissance qu’elle nous apporte des matériaux : avant de tresser le Cornouiller, il faut assouplir sa fibre pour qu’elle plie sans rompre. Cet exercice n’est pas simple car on assouplit le rameau en le pliant légèrement. Si l’on va trop loin il rompt. Si l’on ne va pas assez loin, il rompra lors du tressage. Il faut donc trouver la juste mesure, s’ouvrir et écouter la matière.

Les réalisations en vannerie représentaient des poissons. Animal très commun au Bois de Limayrac – surtout en avril !

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Le prochain Zatelier Zécolo se déroulera le samedi 11 mai à 14h30, nous ferons du LandArt.

Plus d’information : Julien, au 06.74.61.16.48

 


Texte : Julien Savonet
Photos : Elodie Larive

 

 

 

 

Ethnographie du corps et de l’esprit

Dans le cadre de leur cours « Stage de terrain », quatre étudiants de troisième année d’Anthropologie de l’Université Toulouse Jean Jaurès ont choisi de prendre l’association Corps & Dao comme objet d’observation.

Laissons la parole à Alys Crétier, Sapho Dinh, Manon De Sousa et Benjamin Briaut pour nous expliquer leur travail.

Les quatres à la fac

Il nous a été donné en cours, un thème commun à partir du célèbre texte de Marcel Mauss sur Les techniques du corps. Dès le départ nous avons partagé un intérêt pour le rapport du geste au spirituel. Nous avons pensé aux médecines parallèles et traditionnelles, arts énergétiques, pratique de la méditation, yoga, tai-chi-chuan et arts martiaux internes. Ce qui nous a parût original et intéressant dans notre interprétation commune du sujet, c’est la pluralité des expressions culturelles par les rites, l’hétérogénéité du public concerné et les façons propre à chacun de vivre l’interdépendance du corps et de l’esprit.

Après avoir exploré plusieurs possibilités, nous nous sommes notamment focalisés sur l’association Corps & Dao. Selon la philosophie taoïste et la médecine traditionnelle chinoise, le corps est une totalité composée de souffles vitaux qui doivent être perpétuellement équilibrés pour atteindre l’accomplissement de soi. Les pratiques taoïstes interviennent ainsi dans le but de faire circuler la vitalité pour pacifier le corps et l’esprit.

Nous avons décidé de nous rendre au moins par binôme sur nos terrains d’enquête. En effet, chacun porte une attention différente à ce qu’il observe. Cela nous permet de nous compléter et de prendre du recul sur nos propres interprétations. Notre choix de terrain nous permet d’effectuer de l’observation participante, nous sommes donc immergés dans le terrain et nous nous ouvrons aux sensations que procure la pratique. Préparés à une enquête scientifique, nous avons été surpris que notre objet d’étude puisse nous mener à une introspection personnelle.

Pour l’instant, trois thèmes attirent particulièrement notre attention :

  • Les émotions qui sont soulevées à certains moments de la pratique ;
  • Le recours à des formes animales et naturelles ;
  • La manière dont s’opère la transmission spirituelle par les techniques du corps.

Jusqu’à aujourd’hui nous avons surtout effectué des entretiens libres avec les informateurs les plus expérimentés dans la pratique (professionnels, professeurs). Nous souhaitons maintenant recueillir les témoignages des pratiquants.

 

Armes taiji en Périgord

Le week-end des 15 et 16 décembre 2018, l’association La Grande ourse et son directeur pédagogique Jean-Jacques Sagot¹ ont organisé un stage d’armes du taiji.

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Au programme, canne (ou petit bâton, bang 棒), bâton long (gun 棍 ou zhang 杖, quand il renvoie au bâton de marche) et épée (jian 剑). Dans une ambiance studieuse et conviviale, non dénuée de nombreux moments d’intensité martiale !

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Le bâton long est historiquement une arme de paysans et de voyageurs. Il a néanmoins souvent été utilisé pour l’entraînement militaire et reste largement employé comme pratique de base pour les différentes armes (lance, mais aussi épée).

Mawangdui bâton

Le bâton a aussi été utilisé dès l’antiquité chinoise dans les exercices gymniques et respiratoires du daoyin 导引 (en témoignent, ci-dessus, les figures 17 et 30 du Mawangdui daoyin tu, IIe siècle avant notre ère).

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Nous avons étudié un enchaînement compilé par le britannique Nigel Sutton (qui vit de très longue date à Singapour) à partir de mouvements et de postures recueillies auprès de plusieurs maîtres de taijiquan de la diaspora chinoise installés dans les campagnes de Malaisie. Cet enchaînement nous propose une approche simple et franche du bâton, qui me rappelle avec grand plaisir les arts martiaux paysans du Hunan.

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Pour ses enseignements, Jean-Jacques était efficacement secondé par Alexandre. L’occasion de démontré avec lui certains liens entre la pratique du bâton et les poussées de main.

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Alexandre Baptiste a aussi mené un cours de perfectionnement en escrime taiji de style Yang.

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Georges Favraud a pour sa part proposé un atelier d’escrime taoïste, notamment autour du style peu connu Longhua 龙华, du maître Kuang Changxiu 匡常修 des monastères de Laoshan (province du Shandong). Un style qui intègre différents aspects internes et toniques.

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Nous avons pu travailler sur la relation du dantian inférieur aux différents segments de l’épée, en insistant sur le segment proche de la garde, au travers d’un travail sur la densité et les spirales.

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Les échanges techniques, pédagogiques et humains ont été fructueux et bienveillants. Même si, à La Grande Ourse, on parle peu des « sagesses orientales », preuve en est qu’on sait les mettre en pratique au quotidien !

Prochain rendez-vous périgourdin, les 20 ans de la Grande Ourse en avril 2019.

 


Crédits photos : Merci à Benjamin !

¹ Jean-Jacques Sagot a notamment appris le taijiquan dans la diaspora asiatique de Malaisie et à Taiwan. Professeur d’éducation physique, il a instauré l’option taijiquan au baccalauréat français. Il est actuellement référent technique pour les styles Wu et Sun de la Fédération d’arts énergétiques et martiaux chinois (FAEMC).

Formes animales à l’Université

À l’initiative de Hervé Dohin¹, le service des sports de l’Université Toulouse Jean Jaurès et l’association Corps & Dao ont organisé, le dimanche 18 novembre 2018, un stage de pratique et de réflexion, animé par Georges Favraud² :

Les formes animales
dans les techniques chinoises du corps

Un belle occasion de se rencontrer dans la diversité, entre débutants et pratiquants expérimentés dans divers arts martiaux ; étudiants, personnels et enseignants-chercheurs ; jeunes, actifs et retraités…

Les techniques animales étudiées proviennent du daoyin 导引 et de la boxe des cinq formes [animales] (wuxingquan 五形拳, style taoïste de xingyiquan).

Durant la matinée, nous avons expérimenté la forme de l’Ours (xiongxing 熊形).

Arbre-Ours

À partir de la posture de l’arbre (ou zhanzhuang) et de la conscience de la sphère dans laquelle s’insère la dynamique de notre forme corporelle (ce fameux xing 形), nous avons recherché la mobilité du buste et la densité de l’ours.

Ours dandinant

Nous nous sommes ensuite lancés dans les dandinements que les adeptes du daoyin antique ont identifiés comme caractéristiques de cet animal (Despeux 2004). Une vertu animale qui permet d’appréhender les changements d’appuis et les transferts de poids, mais aussi, en termes cosmologiques chinois, les alternances du « vide / potentiel » (wu 无 ou xu 虛) et du « plein / manifesté » (you 有 ou shi 实), qui concernent aussi bien les motricités physiques, que psychiques et interactionnelles.

tuishou ours

Les qualités de l’Ours ont ensuite permis de mettre en place des exercices en duo (de type tuishou) intégrant prise de contact, déplacements et poussées. Tout d’abord sur un mode collaboratif et tranquille, puis en intégrant progressivement de la tonicité, des changements de rythme et de la confrontation constructive, dans une relation toujours continue, détendue et mobile.

Ours à 5

En fin de matinée, il s’agissait de revenir aux sensations de la posture de l’arbre, mais en y intégrant les acquis de l’Ours : un corps dense, structuré et dandinant capable de s’apaiser à la rencontre de contacts provenant des quatre directions.

Tablée midi

Après l’effort, le réconfort… autour d’une auberge espagnole bien gustative et interactive !

Afin de digérer les plats et les pratiques, une séance de réflexion conviviale et informelle a marqué le début d’après-midi. Georges a présenté quelques éléments historiques sur les pratiques animales dans les arts chinois du mouvement, ainsi que quelques réflexions anthropologiques sur les questions de l’imitation et des relations entre l’humain et l’animal.

La parole a ensuite tourné entre les étudiants, des pratiquants expérimentés de taijiquan, de taekwondo, de lutte gréco-romaine et de kungfu, ainsi que des chercheurs spécialistes des relations homme-animal, du chamanisme amazonien, de la mécanique des fluides et des sciences des activités sportives. L’occasion de croiser quelques perspectives sur la pratique.

Hervé et Georges

L’après-midi a notamment été consacré à la technique du Serpent, très intéressante pour travailler sur les alternances entre détente et jaillissement, à la fois dans la forme et dans l’intention. Mais tout cela est une autre histoire, qui reste à suivre…

Un prochain stage est prévu à l’occasion des fêtes du nouvel an chinois,
L’un des premiers dimanche de février !


Crédits photos : merci à Élodie Larive

¹ – Hervé Dohin est responsable de la lutte, du judo, du taiji-qigong et des sportifs de haut niveau de l’Université Toulouse Jean Jaurès.
² – Georges Favraud est docteur en anthropologie et enseignant des arts chinois du mouvement.

Tuishou avec Gautier Ravet

Le samedi 10 novembre 2018, nous avons eu le plaisir de recevoir,

Gautier Ravet
3e duan de taijiquan de style Yang

Le Bois de Limayrac était à nouveau le lieu d’un travail dans la convivialité et la bonne humeur, à la recherche d’un contact harmonieux avec son partenaire, par les techniques dites de tuishou 推手.

Grâce à Elodie, notre maître de la focale, quelques photos !

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Concentration sur des éducatifs visant à établir un contact entre sa paume et son poignet. Un exercice d’auto-massage bien agréable… Mais attention à ne pas le perdre, ce contact, en se rigidifiant lorsque ça tourne et ça pivote, puis au contact de l’autre…

Poignets Gautier & Violette-retouch

L’enseignement du style Yang est très structuré par rapport à la pédagogie que nous pratiquons habituellement. Les nomenclatures proposées par Gautier nous mettent face à la nécessité de conjuguer précision technique et fluidité de l’esprit et des articulations.

Nous avons ensuite étudié comment adhérer aux mouvements de l’autre et percevoir son activité, autour des trois cercles de bases :

  • Horizontal, ce qui nous rappelle les passages entre la posture zhanzhuang 站桩 et le daoyin 导引 de l’Ours ;
  • Vertical, ce qui nous rappelle, quand on passe par le haut, le cercle du wuxingquan 五形拳 de la Panthère ;
  • « En huit », avec un mouvement vers la hanche, impliquant pour le partenaire une ouverture en forme de « révérence » comme le suggère Gautier ; ce qui pointe l’importance de savoir céder, au niveau de l’aine (et de la volonté), pour conserver sa stabilité, sa mobilité et sa présence.

En fin de séance, nous avons évoqué la possibilité de mettre en œuvre, dans de petits enchaînements en duo, les quatre mouvements de base du taijiquan :

  • Peng : parer-cercle des bras ;
  •  掳 : tirer-saisir ;
  • Ji 挤 : presser-écarter ;
  • An 按 : pousser-contrôler.

Tuishou Gautier & Géo 3-retouch-bis

Cela nous réserve du travail, ce qui laisse l’avenir ouvert… Gautier est le bienvenu pour nous rendre à nouveau visite !